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INFO




FR. Alexandre Zhu, d’origine chinoise, est né à Paris en 1993. Son enfance se partage entre Shanghaï et Paris. Il a été diplômé en 2018 de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, et a étudié à la School of Visual Art à New York. Il vit et travaille actuellement à Paris.

Dans une ère caractérisée par des changements rapides, une mobilité et une mondialisation croissantes, le travail d’Alexandre Zhu se fonde sur une observation de cet environnement en mutation perpétuelle. Influencé par la transformation massive de Shanghaï dont sa famille est originaire, son travail interroge les non-lieux (cf. M. Augé), les espaces urbains interchangeables, anonymes et uniformisés. Il s’intéresse aux éléments qui peuplent ces zones à l’état transitoire, souvent évocateurs de nos actualités et aux problématiques sous-jacentes. Son travail se caractérise par une pratique essentielle du dessin au fusain, et s’étend également à la photographie et à la sculpture. Ses dessins figuratifs, parfois à la frontière de l’abstraction, ont un attrait pour la matière, où les surfaces sont travaillées par effacement en plusieurs couches. 





ENG. Alexandre Zhu is a French-Chinese artist, born in 1993. His childhood is spent between Shanghaï and Paris. He graduated from École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris in 2018, and has also studied at the School of Visual Art in New York. He currently lives and works in Paris.

In an era characterized by rapid change, increasing mobility and globalization, Alexandre Zhu's work is based on an observation of this ever-changing environment. Influenced by the massive transformation of Shanghai, where his family is from, his work questions non-places (cf. M. Augé), interchangeable, anonymous and standardized urban spaces. He is interested in the elements that populate these areas in a transitory state, often evocative of our news and underlying matters.His work is characterized by an essential practice of charcoal drawing, and also extends to photography and sculpture. His figurative drawings, sometimes bordering on abstraction, have an attention for matter representation, where surfaces are worked by erasing the charcoal in several layers.






CV




Formations

2018  École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, France - Master
2016  School of Visual Art (Fine Art), New York, USA - Exchange Program


Exhibitions

2021
- 10/21 Group show Matières à voir, commissariat Asymétriques, Paris, France
- 06/21 Parcours 6 ateliers de Montreuil, curated by 1heure61, Montreuil, France
- 04/21 Exposition du Prix Pierre David Weill, Académie des Beaux-Arts, Paris, France - 03/21 Le Soleil se lève aussi, group show with Un-Spaced gallery, at Manifesta, Lyon, France

2020
- 12/20 Collective show, Galerie Valérie Delaunay, Paris, France 
- 09/20 L’Écho du Silence (Culturfoundry), Espace 16K, Kremlin-Bicêtre, France
- 02/20 Instable, duo-show with Esther Michaud, Galerie du Crous, Paris, France


2019
- 10/19 Emerging Lines, Galeria Neon, Academy of Arts, Wroclaw, Poland
- 09/19 Tekhne, Cité de la Mode et du Design, Paris, France
- 07/19 Low Res - Matérialisations primitives, Espace rue de Tanger, Casablanca, Morocco
- 05/19 Printfighter Round 2, Galerie 100 Titres, Brussels, Belgium


2018

- 10/18 Art Élysées 2018, with Atelier Jespers, Stand 301C, Paris, France
- 10/18 Noèse, Silencio Club, Paris, France
- 09/18 MAD (Multiple Art Days) with Printfighter, La Monnaie de Paris, Paris, France
- 09/18 Lake Como Design Fair, Teatro Sociale di Como, Como, Italy

- 06/18 Graduation Solo show, ENSAD, Paris, France
- 04/18 Genesis, La Capela, Paris, France
- 03/18 Curieuses Noctures, Musée d’Orsay, Paris, France



Residencies/distinctions

03/2021 : Laureate (mention) for Prix Pierre David Weill 2021, Académie des Beaux-Arts - Institut de France
06/2019 : Rue de Tanger residency, Casablanca, Morocco
06/2018ENSAD Diploma
03/2018 : Selected for Galerie du Crous, Création Émergente
01/2018 : Fondation Bettencourt-Schueller scholarship
05/2017”La mort des ruines” thesis






INTERVIEWS







Vidéo produite par WIPART.

Exposition collective “L’Écho du Silence”, Espace 16K. 09/09/20 - 15/09/20
Organisé par CulturFoundry, commissariat de Clarisse Russel et Valérie Delaunay.

Avec les artistes : Béatrice Bissara, Dorian Cohen, Esmeralda Da Costa, Lea Dumayet, Julia Gault, Charlotte Gautier Van Tour, Anouk Grinberg, Julie Legrand, Sandra Matamoros, Laurent Pernot, Johanna Perret, Francesca Piqueras, Dorothée Louise Recker, Estera Tajber, Nicolas Tourte, Alexandre Zhu, Jean-Claude Wouters



https://www.space52.gr/alexandre-zhu/
Interview réalisée par Maria Xypolopoulou, pour Space52.





TEXTS




Leviathan
Texte d’Agathe Anglionin, exposition “Matières à voir” organisée par Asymétriques, Paris 11e, 16 oct- 20 nov 2021

Depuis toujours l’homme est engagé dans un rapport complexe avec un environnement naturel qui peut le nourrir et le malmener tout autant. Aussi s’est-il ingénié à multiplier sa propre force, à dépasser ses propres limites, pour parvenir à une sorte de statu quo avec les éléments qui le dominent. Cependant, la constante progression de sa maîtrise technique lui a fait peu à peu négliger cet équilibre.

Alexandre ZHU nous invite à considérer sous un autre angle l’affrontement qui se joue entre une nature puissante, insondable et des matières transformées par l’activité humaine. Il ne s’agit plus de coïncider avec le flux du monde, mais d’en dégager les forces afin de soumettre notre perception aux noyaux qui leur résistent, grâce à l’observation méticuleuse d’un environnement en perpétuelle transformation. Car les forces agissent, quel que soit l’endroit où porte notre regard, depuis les profondeurs telluriques jusqu’aux sphères célestes.

Dans sa série de dessins intitulée « Léviathan » Alexandre ZHU s’est appliqué à dessiner au fusain des machines qu’il représente éparpillées, isolées par fragments pour les rendre presque insignifiantes, alors qu’elles sont au service de cette puissance surhumaine qui œuvre à transformer le monde, à le contenir dans les limites que veut lui imposer la civilisation, au risque même de son effondrement. Si les brise-lames, représentés par des vues schématiques dans la série « Armour Units », rappelaient les moyens dérisoires utilisés pour s’opposer à la force de l’océan, une autre série intitulée « Hadal », faisant référence au dieu des enfers, évoquait ce rapport antagonique avec une nature qui, même si elle est de moins en moins considérée à sa juste valeur par l’homme, continue néanmoins à l’inquiéter. Dans la même logique la série des panneaux publicitaires inutilisés pendant les crises économiques donnait un avant-goût d’une activité humaine mise définitivement à l’arrêt, annonçant la lente décomposition des villes qui figurent la fragilité des civilisations.

Tout fait signe dans le travail d’Alexandre ZHU. Il ne s’agit pas de dresser le portrait hyperréaliste d’une fin du monde mais, par ajouts successifs de petits éléments isolés de leur contexte, de témoigner d'une confrontation permanente entre des forces adverses. Il nous invite à prendre conscience du fait que tout ce qui œuvre dans le sens d'un progrès favorable à l'homme pourrait se retourner contre ce dernier qui semble avoir surestimé ses forces.






Primitive Display
Texte d’Elora Weill-Engerer, sur la série Primitive Display, mars 2021

“S’agit-il d’une surface abstraite ou d’une représentation hyperréaliste ? La série d’Alexandre Zhu sème le doute, tant en termes de sujet, de traitement que de cadrage. Sorte de voile de Véronique qui attend de recevoir la sainte face, la forme évoque le drapé classique, le carré blanc historique de Malévitch ou un simple écran prêt à s’animer. Le regard bute sur une présence-absence, comme devant un miroir sans tain. Entendu communément comme une rencontre entre deux personnes, notamment dans le sens popularisé d’un débat public organisé entre deux personnalités, le face-à-face trouve également son pendant dans une forme d’abstraction. Preuves en sont des face-à-faces recensés dans les textes bibliques qui relatent sous ce terme le fait de se retrouver en présence d’un Dieu invisible. Avec Primitive Displays, le face-à-face ne supporte nul échappatoire perspectif ou langagier : il est a contrario de l’ordre de la sidération, mutisme induit par ce pan hypnagogique.

Cette série trouve son origine dans les panneaux publicitaires laissés nus en temps de crise. Présents dans chaque espace urbain, ces panneaux vides n’indiquent pas plus le contexte géographique que la raison de leur abstraction anthropofuge et collapsologique. Nés d’un krach économique, coma post-humain ou vigie écologique, ils incitent à une nouvelle lecture de l’image affichée dans son plus simple appareil, onirogène s’il en est, puisqu’elle accueille toutes les projections mentales possibles : ne jamais sous-estimer la capacité du désir à engendrer des monstres ou des fantasmes. Face au vide, c’est le comble du marketing qui est relevé, matérialisé par une image hallucinatoire produite par une société insomniaque.”






Trompe le monde,
Fantômes et chimères pour regards instables

Extrait du texte d’Arslane Smirnov, Exposition Instable, Galerie du Crous, du 6 au 15 février 2020

“(...) Si j’ai dit que le travail d’Alexandre relevait d’une observation préliminaire, j’aurais tout autant pu dire qu’elle relève de la révélation, la mise en lumière, montrer par l’artifice et la prouesse technique du fusain par effacement une certaine image du monde. Trompe l’œil ? L’hyper-réalisme d’Alexandre cherche à tromper les sens par l’artifice le plus fin dans un but prémédité, car au contraire d’une scène tout à fait naturaliste : un homme ou une femme dans un appartement, assis sur un lit..., l’objet représenté frôle parfois avec l’abstraction, de sorte que bien qu’il nous soit tout à fait présent à la vue, on peine à identifier sa nature exacte. C’est sur ce trouble de la perception que se fonde une partie de sa pratique du dessin. Les sujets sont simples : monolithes, formes géométriques hors échelle, hors contexte, souvent associés à une époque, le 20ème siècle et ses transhumances, époque d’où les ruines contemporaines tirent leurs sources. Alexandre Zhu en reconstitue les traces, perdues au fond de nos inconscients, aux périphéries de nos villes ou sous notre nez, adoptant la forme d’un anonymat pour le moins urbain. Ces formes qu’il dévoile sont inhumaines porteuses d’une massivité toujours latente, en puissance, elles nous montrent des fantômes. En tant que symboles vides, elles rejettent leur caractère humain et reviennent à la mémoire sous une forme anonyme, archétypale, issue des rebuts d’une mémoire collective. Sans identités conscientes, elles errent dans nos esprits, à la recherche de sens.
Les sculptures présentes dans l’exposition s’approprient cette thématique du fantôme et la série de dessin Landmarks soutient une recherche de symboles contemporains pour évoquer les problèmes liés aux architectures standardisées, qui pullulent depuis près d’un siècle à travers le globe. L’abstraction de ces dessins, une abstraction géométrique, minimaliste, s’attache alors au plaisir qu’on peut éprouver à les regarder, plaisir de voir une forme simple, claire, flottant dans l’immensité d’une page blanche, pure, totale. Cette tentation qu’éprouve l’esprit à l’égard de la pureté et de la totalité se confronte alors à la réalité du sujet évoqué : ruines d’une ère globalisante, rampante et uniformisante, ruines d’une architecture brutale d’inspiration soviétique, ruines de... Sans doute que le plus important reste de pouvoir y projeter nos imaginaires à nouveau et d’y trouver du sens. (...)”






L’Écho du Silence
Texte de F. Donini Ferretti
Exposition L’Echo du Silence, Kremlin-Bicêtre, Espace 16K, 9 – 20 septembre 2020


“L’Echo du Silence, première exposition organisée par l’association “CulturFoundry” en soutien de jeunes artistes, a donné l’occasion de rencontrer des personnalités dont le talent ne saurait être ignoré, et qui pour la plupart d’entre eux sont susceptibles de développer une œuvre plutôt que de décliner telle ou telle trouvaille formelle.

L’un de ces artistes est Alexandre Zhu. Né à Paris en 1993, passé par la New York, School of Visual Art et diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Alexandre Zhu a développé une pratique multiple qui embrasse notamment la photographie, le dessin, et la sculpture. Il n’est pas indifférent de noter qu’il a soutenu un mémoire sur la « mort des ruines », thème on ne peut plus chargé de connotations tout à la fois politiques et anthropologiques.Deux œuvres au fusain étaient exposées dans cet espace du Kremlin-Bicêtre : une série de trois drapeaux, et deux paysages de vagues dénommés « Hadal ».  
Ces drapeaux sans couleur, symbole ou emblème qui permette de les associer à un quelconque référent sont néanmoins des drapeaux agités par la main de l’homme, et non pas simplement flottant au gré du vent. L’inclinaison variable de la hampe, ainsi que la mémoire des drapeaux agités lors d’occasions collectives telles que des matchs de football, la réception de chefs d’état, ou la célébration plus ou moins spontanée de tel ou tel anniversaire national ou politique, nous mettent immédiatement en présence d’un être collectif, d’une masse, disciplinée par une idéologie ou par une passion qui dépasse les seuls individus. Ces drapeaux sont à eux seuls les symboles d’une abdication – temporaire ou non – de l’individu. Indice d’un surmoi fait d’injonctions et non pas d’interdits.
L’individu soumis agite un drapeau, et ce faisant fait allégeance au groupe, au chef, à l’idée. Les chefs n’agitent pas des drapeaux : parfois, ils les brandissent. Quelle que soit sa couleur, et non pas seulement blanche, le drapeau que l’on agite en groupe signale une forme de reddition par abandon – dans le sens de s’abandonner à – ou par adhésion.  

Héritier de la culture chinoise, l’artiste a bien évidemment à l’esprit ces grandes liturgies collectives du maoïsme et de ses avatars. Il introduit deux paradoxes supplémentaires dans cette œuvre : le plus évident est celui qui résulte de la vue d’un drapeau seul, arraché à la collectivité mais aussi à l’identité qui lui donne sens. Ce drapeau adhère à quelque chose qui n’est pas, ou qui n’est plus. Il est soumission à un vainqueur sans nom et sans visage, à une idée inexprimée, à une identité morte et oubliée. En quelque manière, à un présent orphelin de tout passé, et stérile de tout avenir. Il n’est plus en cela que désir vain de soumission, de pouvoir envisager une soumission à quoi que ce soit. Nostalgie de la possibilité d’une soumission volontaire, peut-être.

Le second paradoxe tient au matériau dont semble fait le drapeau. Car le fusain se prête tout autant au drapé qu’au minéral ; or, vu de près, le tissu de ces drapeaux est traité comme une croûte terreuse ou pierreuse, un paysage aride vu en surplomb. Ce drapeau n’en est pas vraiment un, il est plus probablement trace ou empreinte d’un drapeau – d’un geste – qui fut. Ruine demeurée visible d’un enthousiasme ou d’un endoctrinement.Par le jeu de ces deux paradoxes, l’artiste nous déroute efficacement et nous laisse errer entre une lecture de l’impuissance à être et à manifester son moi, une lecture de la déshérence dans un monde sans plus d’attachements que ce soit par mort du désir ou mort des identités, et une lecture de la défaite des grands systèmes d’emprise du collectif sur l’individu.

Le second travail exposé, Hadal, se réfère à cette strate des fonds marins située au-delà de 6000 mètres de profondeur. L’étymologie du mot provient naturellement d’Hadès, dieu des Enfers, frère aîné de Zeus et de Poséidon. Que voyons-nous sur ces fusains ? une surface de mer passablement agitée, vue d’assez près au-dessus de l’eau, avec un léger scintillement à la crête de certaines vagues, des vagues qui pourraient être aussi bien des montagnes si l’on ne prenait garde à ce scintillement. Que ressentons-nous ? Une vague sensation d’étouffement due sans doute à l’absence totale d’horizon, de perspective, d’ouverture : c’est un vertige qui vous appelle dans ces profondeurs pour vous y retenir, et les scintillements, loin de dissiper ce sentiment, ne font qu’hypnotiser, clouer le regard à son objet. Car l’enfer, n’est-ce pas l’horizon d’un sens qui se dérobe, ou que l’on ne parvient pas à rechercher ?
Voilà donc un artiste qui ne parle pas pour ne rien dire, et qui démontre assez que la technique alliée au propos parvient à tenir tête à l’effet. C’est un art de l’anti-spectacle, dont nous espérons qu’il continuera de cheminer avec la même subtilité dans le questionnement de notre temps. Un art qui s’attache aux vides, aux lacunes, aux abîmes, aux variations infinies du non-être.”






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